EXO EXO


SPLUT
Thomas Cap de Ville

Exo Exo, Paris
May 6 - 29, 2021


press release


SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris

SPLUT, Thomas Cap de Ville, 2021
Exhibition view, Exo Exo, Paris


Lundi 25 octobre 1993 : « NUL A CHIER !!! » écrit Thomas dans son journal. Si ces traces constituent pour l’artiste un matériel important qu’il organise, revalorise et décide de montrer, c’est parce qu’à travers ce geste narcissique, il célèbre avant tout la vie. Accumuler les souvenirs, les garder et les rappeler est une obsession pour Thomas, une manière de romancer sa propre existence et de se plaire à lui-même. Et puis, il y a les autres. Il y a dans l’Histoire, les humains qui sont importants pour tous les autres humains, parce qu’ils ont coupé des têtes, imaginer l’avenir ou défier les lois. Et il y a les humains qui sont importants juste pour Thomas. L’artiste nous raconte ainsi des histoires de sororité et de fraternité, des aventures érotiques et des voyages sous l’emprise de substances synthétiques.

Thomas Cap de Ville a grandi entre La Rochelle et Royan. Il collectionne ses confidences autant que les moments partagés, photographiés, filmés et rapportés de sa vie d’adolescent et de jeune adulte entre ses 15 et ses 33 ans. A 20 ans, il s’installe à Paris. La fête et la drogue sont toujours des territoires d’échanges sociaux mais orchestrés par des figures qui ont un peu grandi. Thomas Cap de Ville a conçu des vêtements, fait de la photographie, réalisé des clips vidéo et collaboré avec des artistes musicaux comme La Chatte. A l’âge de 33 ans, une première transformation s’opère pour lui. Il commence alors à organiser comme une matière tout ce qu’il a rassemblé et collectionné jusque-là. Ses installations deviennent des témoignages qui dépassent les limites de son individu. Les souvenirs de Thomas entre sont aussi des archives de 1993 à 2011. Les visages qui peuplent ce monde sont les grands hommes et les grandes femmes de l’artiste, ceux et celles qui l’ont sauvé, ceux et celles qui le grandissent, ceux et celles avec qui il affronte le vivant. Lettres, photos, dessins, morceaux de tissus, cheveux constituent ses archives de vie.

Si le récit autobiographique que l’artiste nous livre à travers son travail a des allures épiques c’est parce qu’il est sacré. Ses installations prennent ainsi la forme d’autels qui rassemblent ces petits objets devenus des talismans. Ses films de promenades nocturnes revêtent l’apparence de danses rituelles. Mais le théâtre sacré de Thomas n’est pas à l’effigie d’un Dieu charismatique mais d’une organisation sociale et d’une génération. « Mon époque c’est le grunge, le skate, les raves et les deux David, Lynch et Cronenberg. Mon travail, c’est une mise en scène des codes de ma génération », me raconte Thomas. Sur les quatre doigts de sa main gauche, on peut lire tatouées quatre lettres « K », « U », « R », « T ». Cette génération des années 90, c’est aussi l’idée d’un plaisir à portée de main, l’envie puissante de ne pas grandir trop vite, une errance en terre jeunesse d’où la peur de la mort est bannie, « Fun now suffer later ».

Le lien et l’amitié sont bien sûr la clé de voute de tout cet organigramme. Le travail de l’artiste est une cartographie des relations sentimentales. « Ça me fascine qu’on puisse aimer quelqu’un si fort sans avoir envie de le pénétrer ou de le posséder. L’amitié c’est les os qui te manquent dans ton corps. Quand tu as une fracture, l’endroit où les os se réparent devient ensuite le plus résistant. Si ça doit casser à nouveau, ça cassera avant, ça cassera après, mais ça cassera plus là. L’amitié c’est la fracture », dit-il. Le témoignage de Thomas est donc aussi et surtout le témoignage d’un groupe. C’est l’époque et le groupe qui font monument.


– Elisa Rigoulet, mars 2021
(Extrait du texte de l’exposition PSYCHOPHORES, Confort Moderne, Poitiers, 2020)