EXO EXO


La Petite Mort
Gaspar Willmann

Exo Exo, Paris
October 16 – November 6, 2020

Part of À Paris pendant la semaine de la FIAC & Paris Avant Premiere

press release



Tout part du sentiment de mélancolie qui accompagne souvent la fin, d’une lecture, d’une fête, d’un succès, de vacances, d’étreintes amoureuses, d’un objet de création. Ce moment où l’excitation retombe, se situe précisément entre en faire plus et donc trop ou s’arrêter. C’est dans cet instant, finalement plus dépendant de l’affect que du temps, que s’articule le travail de Gaspar Willman. Ses vidéos produisent des schémas narratifs ultra génériques à partir de banques d’images, de technologies et de plateformes d’échanges de services existantes. C’est pourtant la subjectivité qui intéresse l’artiste dans cette économie standardisée, le lien privilégié qu’il va créer avec ces acteurs, tout d’un coup d’ailleurs un peu moins acteurs. Finalement, ce qui s’achète ici c’est le moment de vérité dans cette longue logorrhée d’un récit de soi plus ou moins pathétique ou plus ou moins spectaculaire.

Sans doute on s’en fout de ce qui départit le vrai du faux. Qu’il faille souvent de la mise en scène pour rencontrer le réel. On s’en fout. Ce qui est intéressant ici c’est la place timide mais quasi sacrée de la subjectivité de l’individu, c’est le maquillage qui voudrait venir dissimuler l’humain mais qui le rend à l’inverse encore plus visible, encore plus beau.

Dans l’ordinateur de Gaspar Willman, un fichier numérique tourne en boucle sur photoshop et ne dort jamais. A certains instants, l’artiste en exporte une image pour l’agrandir, l’imprimer et en faire une peinture, la faire parler. La nature morte est là, dans ce court évanouissement, cette pause dans le ronronnement de cette source qui continue de se transformer sans fin. Ce n’est pas un sujet. Il n’y a d’ailleurs pas de sujets dans les tableaux de l’artiste. Ce sont des arrières plans, des décors, des espaces qui ne se visitent pas et qui utilisent par définition le faux pour faire apparaitre le vrai. Il ne faudrait pas trop en faire un sujet.

Si l’artiste fait exister si violemment ces archétypes, paysages ou portraits, leur prêtant des rôles si flamboyants, c’est pour mieux les exorciser et les faire disparaître. Interrompre la boucle pour conjurer le temps et les habitudes.

— Elisa Rigoulet


It all starts with the feeling of melancholy that often accompanies an ending: the end of a book, of a party, of a success, of a vacation, of a loving embrace, of a creative object. The moment when excitement subsides situates itself precisely between doing more-- and therefore too much-- or stopping altogether. It is in this instant-- ultimately more dependent on affect than time-- that Gaspar Willman’s work articulates itself. His videos produce ultra-generic narrative structures gleaned from existing image banks, technologies and service exchange platforms. Yet it is subjectivity that interests the artist in this standardized economy; the privileged relationships that he will create with these actors who will therefore, all of a sudden, be a little less like actors. Ultimately, what is being bought here is a moment of truth in this long logorrhea of a more or less pathetic, or more or less spectacular, self-narrative.

Without a doubt, we don’t care what separates what is true from what is false. That it often takes staging to meet with what is real. We do not care. What is interesting here is the shy but almost sacred place of the subjectivity of an individual, it is the make-up that we wish would conceal the human but which, conversely, makes him even more visible, even more beautiful.

In Gaspar Willman’s computer, a digital file on Photoshop is on loop and never sleeps. At certain times, the artist exports an image to enlarge it, to print it and paint it, to make it talk. Still Life is there, in this short fainting spell, a pause in the purring of this source that continues to transform itself endlessly. It’s not the subject. Besides, there are no subjects in the artist’s paintings. These are backgrounds, sets, spaces that cannot be visited and which by definition use the false to make the true appear. One shouldn’t make it into too much of a subject.

If the artist brings these archetypes, landscapes or portraits so violently into existence, lending them such flamboyant roles, it is to better exorcise them and make them disappear. Interrupt the loop to ward off time and habits.

— Traduction, Cecilia Granara