EXO EXO


Quatre cœurs
Cecilia Granara

September 14 – 28, 2019
Exo Exo, Paris

press release


Cecilia Granara, Quatre Cœeurs, 2019
Exhibition view, Exo Exo, Paris

Cecilia Granara, Quatre Cœeurs, 2019
Exhibition view, Exo Exo, Paris

Cecilia Granara, Quatre Cœeurs, 2019
Exhibition view, Exo Exo, Paris

Cecilia Granara, Liquids, 2019
Mixed media on canvas. 146 x 114 cm

Cecilia Granara, Quatre Cœurs (Quattro Cuori), 2019
Mixed media on canvas. 165 x 90 cm

Cecilia Granara, Body Confusion (Corpse Pose), 2019
Acrylic on canvas. 165 x 135 cm


Cecilia Granara speaks four languages. Four hearts, therefore, like four kingdoms of emotion: that of the brain and reason, that of sex and desire, that of the stomach and digestion, and that of the chest and breathing. Together, they form the female body, its transitions, its pleasures, its pains, its wastes. "She" is pregnant, vomits, has her period, or lies in the yogi corpse pose, savasana. Everything is liquid in the paintings of Cecilia Granara. In her relationship to expression we find the idea of transformation and moulting.

Poetry and self-fiction serve as guides to the artist, who tells us in her paintings what makes us uncomfortable in the female body, claiming fluids as a possible magic potion to empty out, rehydrate, detox, liberate. What makes us tense? What relaxes us? What hurts us? What makes us feel better? Fascinated by the massive generalization of self-care philosophy, Cecilia Granara questions the state of emergency that brings together groups of (most often) women to gather in meditation. In search of a way to reappropriate themselves of their own bodies and of magic, they look for ecstasy through an experience of loneliness and sweat. We see them exhaling at night through the large windows of a building, recognize their gurus dressed in leggings and see their spell-books everywhere advocating personal development, anchoring, and rooting.

Cécilia Granara's painting situates itself precisely where the body is confused, when it is alive, when it suffers, when it wakes up or falls asleep, when it topples over, when it responds, when it heals. In an ultra-colored interiority, treasures of sensation exult like a list of manyfold ingredients to reconnect to one’s own intimacy, as well as an affirmation of her social and political role and a redefinition of personal representation.

Elisa Rigoulet


Cécilia Granara parle quatre langues. Quatre cœurs donc, comme quatre royaumes de l’émotion : celui du cerveau et de la raison, celui du sexe et du désir, celui de l’estomac et de la digestion et celui de la poitrine et de la respiration. Ensemble, ils forment le corps féminin, ses transitions, ses plaisirs, ses douleurs, ses rebuts. « Elle » est enceinte, vomit, a ses règles ou gise dans la posture du cadavre façon yoga ou Savasana. Tout est liquide dans la peinture de Cécilia Granara. Il y a dans son rapport à l’expression l’idée de transformation et de mue.

La poésie et l’auto-fiction servent de guides à l’artiste qui nous raconte dans ses tableaux ce qui nous gêne dans le corps féminin et revendique les fluides comme possible potion magique pour le vider, l’hydrater, le désintoxiquer, le libérer. Qu’est-ce qui nous tend ? Qu’est-ce qui nous détend ? Qu’est-ce qui nous fait mal ? Qu’est-ce qui nous soulage ? Fascinée par la généralisation massive de la philosophie self care, Cécilia Granara interroge cet état d’urgence à la méditation autour de laquelle des groupes de femmes (le plus souvent) se rassemblent. En quête d’une réappropriation de leur propre corps et de sa magie, elles se paient une recherche de l’extase à travers une expérience de la solitude et de la transpiration. Nous les voyons souffler le soir à travers les grandes baies vitrées d’un immeuble, connaissons leurs gourous habillés en legging et voyons partout leurs grimoires prônant le développement personnel, l’ancrage, l’enracinement.

La peinture de Cécilia Granara se situe exactement à cet endroit où le corps est confus, lorsqu’il jouit, lorsqu’il souffre, lorsqu’il se réveille ou s’endort, lorsqu’il bascule, lorsqu’il répond, lorsqu’il guérit. Dans une intériorité ultra colorée, il exulte alors ses trésors de sensations comme autant d’ingrédients pour une reconnexion à son être intime, mais aussi une affirmation de son rôle social et politique et une redéfinition de ses représentations. Tout ça dans une grande contamination positive.

Elisa Rigoulet